Vendredi 14 septembre 2007
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joyosa furiosa, diptyque, mars-juillet 2007
par Aurélien Delsaux publié dans : oeuvres plastiques (seules)
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Jeudi 5 juillet 2007

mille et cent serpents

dans mon coffre

s'accumulent

vaille que vaille je roule

sans retourner la tête

mille et mille et cent

serpents se déroulent

sifflent se dressent

vaille que vaille je roule

sans retourner la tête

bruits de caresses glacées

dans mon dos bruits de

faux aiguisée

vaille que vaille je roule

sans retourner la tête

leurs langues fourchues

veulent brûler ma peau

qui douce s'offre

vaille que vaille je roule

sans retourner la tête

je sens à ma nuque

leur air aigu veul et dupe

qui râle et raille

vaille que vaille j'ai roulé

sans retourner la tête

alors je m'arrête sors

et brûle mon véhicule:

que les serpents flambent!

silence des flammes, calme sur ma nuque, éternité

contemplez mes yeux tristes

le spectacle sinistre

des minces yeux de braise

que ce grand feu apaise

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Mercredi 4 juillet 2007

je sens

qu'une serpente

dans ma tête a éclos

serpente dans ma tête

un vert et beau chagrin rampe

un vieux remords ondule

mords ma cervelle

dévore-la

ma belle

grandis et fais

en moi ta mue

ton mal a bon goût

et ton venin m'amuse

puisque ton rêve est à mon cou

et que mon coeur vivant te tue

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Mardi 3 juillet 2007

mes yeux mes yeux

étaient bien secs

le tonnerre éclata

je ne vis pas avant

de foudre

le ciel est bon qui pleure

pour moi

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Samedi 9 juin 2007

la pluie ne nous quittait plus

depuis longtemps déjà

je roulais vers l'orage, et sa colère

visant là-bas cette immortelle foudre

cet immobile éclair le soleil s'éteint

mes roues lentement avalaient l'asphalte bleue

de la route rivière et me laissaient contempler mieux

le passage éternel de nuages zoomorphes

au troc sans cesse de formes sans cesse premières

pour former cloques et chimères énormes:

bêtes sans tête

dragons à plumes

volailles éléphantines

- ce temps ravive en moi

le temps de feu les enfantines

il me fallut ralentir ralentir encore

sous ce spectacle du ciel là mauve et là noir

jaune et violet ocre orange rouge rose

pour voir au loin voir

les nues déchirées de bleu clair

et dessous: la maison minuscule où

faible prière faible chant

la femme pleure elle est nue sans enfant

l'amour passé il est tard ce fut bon

la lente traversée de la lumière

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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