Mercredi 4 juin 2008

-Je te déferai.
-Je t'ai fait.
-Je te maudis.
-Je t'aime.
Puis il y eut un silence.
-Je te tuerai, dit l'Homme.
-Je te sauverai, dit Dieu.

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Mercredi 28 mai 2008
ne brille qu'une étoile
le jour s'en va, la nuit vient
comme l'eau se mêle au vin

un chant monte des roses
noyant tout en son parfum
comme l'eau se mêle au vin

l'ombre unanime forge
un rêve vrai, indistinct
comme l'eau se mêle au vin

dansez, nos corps, ce rêve
les fruits, le ciel ne font qu'un
comme l'eau se mêle au vin

la joie éclate où tout repose
ô chair gorgée du divin
comme l'eau se mêle au vin

courent des crocs délier nos gorges
d'un loup fol ou d'un bon chien
comme l'eau se mêle au vin

au jardin je m'en vais mon Eve
vienne l'unique matin
comme l'eau se mêle au vin

noces du sang et des étoiles
la nuit s'en va, le jour vient
comme l'eau se même au vin
par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Jeudi 22 mai 2008
ô soleil ô vent ô mon ombre
ô fleurs et fruits sans nombre
disparaître il faut
ce soir, demain

c'est la belle saison
puis c'est l'été
c'est la fin

laissant croître l'herbe
délaissant la faux

là mon oubli
là ma joie, mon chagrin
là ma faute

maintenant: se perdre
se perdre il est temps
dans les herbes
l'herbe haute
par Aurélien Delsaux publié dans : terres froides
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Lundi 31 mars 2008

Elle se servit, dans l’assiette d’argent, et se régala.

 

Dès son arrivée, il avait compris que les choses n’iraient pas comme elles devraient aller. Quand il était allé la chercher en voiture à la gare, et qu’ils avaient pris la route de la colline, elle avait dit en voyant la petite chapelle, en bas, au milieu de la plaine :

Oh ! qu’elle est belle ! C’est tout à fait San Giovanni, en Toscane, tu te souviens ?

Alors qu’il était évident que ce n’était pas San Giovanni, en Toscane. C’était Notre-Dame-du-Verbe, au milieu de la plaine.

 

Et puis, il lui avait présenté l’enfant, avant le dîner. Et elle avait dit :

Oh ! qu’il est beau ! Ce sont tes yeux, vraiment.

Alors que ce n’étaient pas ses yeux. C’étaient les yeux de l'enfant, grands, marron, impatients.

 

Et pour qu’elle voie et comprenne, il s’était saisi du couteau, s’était arraché les yeux, et les lui présenta dans l’assiette d’argent.

 

Il sut enfin sa beauté, et l’aima.

 

Elle mourait ainsi, empoisonnée.

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Mercredi 20 février 2008
le feu.

que le feu.

voulez-vous pas que le feu

pourquoi
pourquoi voulez-vous pas que le feu ?
par Aurélien Delsaux publié dans : terres froides
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