Lundi 16 juin 2008

à l'ombre du pommier
trois beaux et blonds enfants qu'on aime
qu'on gronde qu'on nourrit qu'on baigne
nos vignes à soigner
jà le jour a filé

par le vent m'en souvienne
je connais ce camion qu'ils traînent
c'était le mien il est rouillé
tarissent les fontaines
le meilleur vin de mon cellier
est d'enfance lointaine

les pères rapetissent
voilà les blonds enfants mariés
chantez! le temps passé fut bon
moi qu'on m'ensevelisse
l'instant de boire mon poème
à l'ombre du pommier

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Mercredi 4 juin 2008

-Je te déferai.
-Je t'ai fait.
-Je te maudis.
-Je t'aime.
Puis il y eut un silence.
-Je te tuerai, dit l'Homme.
-Je te sauverai, dit Dieu.

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Mercredi 28 mai 2008
ne brille qu'une étoile
le jour s'en va, la nuit vient
comme l'eau se mêle au vin

un chant monte des roses
noyant tout en son parfum
comme l'eau se mêle au vin

l'ombre unanime forge
un rêve vrai, indistinct
comme l'eau se mêle au vin

dansez, nos corps, ce rêve
les fruits, le ciel ne font qu'un
comme l'eau se mêle au vin

la joie éclate où tout repose
ô chair gorgée du divin
comme l'eau se mêle au vin

courent des crocs délier nos gorges
d'un loup fol ou d'un bon chien
comme l'eau se mêle au vin

au jardin je m'en vais mon Eve
vienne l'unique matin
comme l'eau se mêle au vin

noces du sang et des étoiles
la nuit s'en va, le jour vient
comme l'eau se même au vin
par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Lundi 31 mars 2008

Elle se servit, dans l’assiette d’argent, et se régala.

 

Dès son arrivée, il avait compris que les choses n’iraient pas comme elles devraient aller. Quand il était allé la chercher en voiture à la gare, et qu’ils avaient pris la route de la colline, elle avait dit en voyant la petite chapelle, en bas, au milieu de la plaine :

Oh ! qu’elle est belle ! C’est tout à fait San Giovanni, en Toscane, tu te souviens ?

Alors qu’il était évident que ce n’était pas San Giovanni, en Toscane. C’était Notre-Dame-du-Verbe, au milieu de la plaine.

 

Et puis, il lui avait présenté l’enfant, avant le dîner. Et elle avait dit :

Oh ! qu’il est beau ! Ce sont tes yeux, vraiment.

Alors que ce n’étaient pas ses yeux. C’étaient les yeux de l'enfant, grands, marron, impatients.

 

Et pour qu’elle voie et comprenne, il s’était saisi du couteau, s’était arraché les yeux, et les lui présenta dans l’assiette d’argent.

 

Il sut enfin sa beauté, et l’aima.

 

Elle mourait ainsi, empoisonnée.

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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Vendredi 19 octobre 2007

DSCF0460.JPG                                                                                                                               

                                                         face à l'écrasante lumière
                                                         est-il pas à espérer rien
                                                         qu'à très bien clore nos paupières
                                                         midi prendra notre jardin
                                                         
                                                         alors nous quitterons la terre
                                                         ce ne sera l'heure de rien
                                                         écrasante et très salutaire
                                                         voici la lumière qui vient

                                                         à l'aube douce qu'on enterre              
                                                         que la lumière écrasera
                                                         celui-là qui trahit la terre
                                                         celui qui l'amour effaça

                                                         au crépuscule qu'on enterre
                                                         qui l'amour a défiguré
                                                         qui apprendra de l'éphémère
                                                         obscurité peine et durée

                                                         mais que midi soit notre gloire
                                                         notre seconde et notre vie
                                                         à midi vous ferez mémoire
                                                         du feu des innocents qui luit 

                                                         face à l'écrasante lumière
                                                         est-il pas à espérer rien
                                                         qu'à très bien clore nos paupières
                                                         midi a pris notre jardin

par Aurélien Delsaux publié dans : poèmes (seuls)
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